jeudi 14 avril 2016

Les Écluses du temps, Guillaume Kosmowski (par Hedera)


Le coin bibliographique
Titre : Les Écluses du temps
Auteur : Guillaume Kosmowski (http://guillaumekosmowski.wix.com/auteur-editeur)
Édition : publié grâce à Bookelis (http://www.bookelis.com/), édition papier ou ebook.
Pages : environ une centaine selon les paramètres de votre liseuse
Genre : thriller, dystopie.
Comment nous avons eu le livre : l'auteur nous l'a proposé à chroniquer ! Merci à lui !



Résumé :
Après une attaque terroriste sur une centrale nucléaire, plusieurs personnages vont tenter de survivre à la catastrophe, chacun à leur manière.

J’ai aimé :
— L’histoire est prenante, on se surprend à vouloir savoir quelle sera la fin, quel nouveau personnage va apparaître, etc. Je l’ai lu très vite (et j’ai même failli rater mon arrêt de tram !).
— La construction (un chapitre = un nouveau personnage connecté avec le précédent) est super efficace et entretient bien le suspense. De même, j’ai trouvé que l’idée de rappeler très fréquemment l’heure qu’il est donne beaucoup de rythme au déroulement des évènements, qui s’espacent au fur et à mesure.
— L’auteur maîtrise bien son sujet (du moins, selon mes maigres connaissances qui ne dépassent pas les cours de physique de Terminale) ; le message (qui est, vous l’auriez compris, une opposition au nucléaire) est bien amené sans trop sortir les gros sabots !
— L’e-book est propre, bien fichu, la mise en page numérique est bien faite… Rien à redire sur ce côté là !
— Les petites références que l’auteur glisse çà et là (par exemple, un des persos se retrouve seul sur la route avec sa fille… Et pense automatiquement à La Route, de Cormac McCarthy ! Et les fans de Fred Vargas souriront en découvrant le nom de famille de Francis ^^).

J’ai moins aimé :
— Quelques erreurs mineures en orthographe/grammaire (une tasse du café au lieu de de café, par exemple), mais globalement on voit que le livre a été lu, relu et rerelu !
— J’ai regretté le style un peu générique, mais il faut reconnaître que cela convient au genre et à l’histoire.
— Globalement, vu que le sujet est un peu obscur, l’auteur doit donner des précisions… Et donc, fatalement, cela donne lieu à quelques passages « encyclopédie » qui ne sont pas toujours rigolos à lire, surtout quand on a envie de savoir ce qui va se passer !
— Je suis assez partagée sur la fin (spoiler ! = j’ai été déçue que ça se finisse par la mort du dernier perso, sans enjeux particuliers, et j’ai trouvé que c’était assez classique de faire une boucle temporelle pour revenir au début… MAIS j’ai trouvé, après réflexion, que ça convenait bien au message du livre de ne pas donner d’espoir, ni de clés pour rétablir la situation…). Heureusement la postface est assez éclairante et vient, globalement, corriger l’impression de flou que j’ai ressenti à la fin de ma lecture.

En gros :

Une bonne surprise ! Moi qui ne suis pas fan de ce genre de lecture, je m’avoue convaincue. L’histoire se déroule de manière fluide, le message écologique est vraiment intéressant et l’intrigue, qui bascule doucement du thriller jusque dans la dystopie, m’ont évoqué Le Monde enfin de Jean-Pierre Andrevon, sans la démesure qui m’avait déplu dans ce livre sus-cité. 

Une complice : Hedera !

Bonjour à toutes et tous qui passaient régulièrement (ou pas) sur ce blog !

Je dois avouer à ma plus grande honte que j'ai reçu plusieurs ebooks autoédités. Au départ, j'ai promis de les chroniquer (le plus vieux date d'il y a 1 ou 2 ans... honte honte)... Je me suis hélas vite aperçue que lire sur l'ordinateur était difficile pour moi et je n'ai toujours pas de liseuse (je n'en souhaite pas non plus), donc je n'arrive pas à avancer dans les e-livres que j'ai reçus...

Je trouvais vraiment dommage de laisser de côté ces ouvrages que les auteurs m'envoient fort gentiment, alors je me suis permise d'aller chercher ma complice littéraire, qui elle dévore un livre, papier ou numérique, plus vite que son ombre, afin de pouvoir "gérer" l'autopublication numérique.

Certains auteurs m'ont envoyé leurs e-livres après avoir lu et apprécié mes chroniques. Je m'excuse auprès d'eux de ne pas pouvoir me charger moi-même de les lire et les critiquer, mais j'ai toute confiance en Hedera, qui est aussi exigeante que moi, et je vous confie donc à ses bons soins :)

La parole à Hedera :

 Je suis une étudiante (enfin, plus pour très longtemps!) qui aime tellement lire et écrire qu'elle a décidé de devenir bibliothécaire. Je m'intéressais, à travers mes études, à l'histoire de l'édition et j'ai découvert le monde de l'autoédition à travers l'association Le Temps des Rêves. Je dois avouer que, dans la situation actuelle du monde de l'édition, cette alternative me semble prendre de plus en plus d'importance – et d'intérêt !
Lorsque Liane m'a proposé de devenir sa déléguée spéciale e-book, j'ai bondi sur l'occasion ! Je trouvais que c'était un bon moyen d'élargir mon paysage littéraire en dehors de mes genres de prédilection (SFFF et roman jeunesse) et de découvrir de nouveaux auteurs.

A part ça, j'ai un recueil de poésie en préparation, quelques proses sur le feu, et je suis férue de musiques bizarres et d'Histoire médiévale.  


vendredi 1 avril 2016

Iris - le sourire 34 - Dee L. Aniballe




Comment j’ai eu ce livre :
Je l’ai échangé contre un des miens à un salon du livre (où comment utiliser ses invendables ^^)

Genre et thème : jeunesse, aventure, fantastique, (manga)

L’auteure : Dee L. Aniballe. Ne vous fiez pas aux apparences. Quand vous verrez cette jeune femme en kimono vous vous direz « Oh, qu’elle est fine et fragile… » Ouais ben faut voir les énergumènes qui sortent de sous sa plume !

Maison d’édition : Sudarènes éditions. Oui, normalement je ne chronique que des livres auto-publiés. Alors pour la petite histoire, ce livre l’était jusqu’à entrer dans le catalogue de Sudarènes… et vu le peu de travail réalisé par l’éditeur sur le livre, on va dire que c’est tout comme ==’’

Avis général : A-DO-RE ! J’AI ADORÉ ! Pour la première fois depuis longtemps je suis arrivée à la fin du livre en poussant un hurlement de frustration, genre « Naaaaaaaan c’est fini et j’ai pas le tome 2 ! Ô rage, ô malheur infâme ! Comment vais-je survivre ? » J’ai écrit à l’auteur et j’ai commandé le tome 2 voilà… 

Résumé perso :
 À première vue, je me disais que résumer serait facile. En fait non, car le fil principal de l’histoire est imbriqué de pas mal de scénarios secondaires… je vais faire court. C’est l’histoire de Liam (déjà, le héros par gagnant : non mais quel prénom trop classe !). Un jour, il apprend qu’il est le possesseur d’une pierre, une émeraude plus précisément. Son grand-père (qui joue les entremetteurs avec la pierre) lui explique que grâce à cette pierre il peut avoir accès à de nombreux pouvoirs. Il lui explique aussi qu’ils sont nombreux les autres possesseurs de pierre, à Liam de les trouver. Comme il est plutôt turbulent à l’école (bon pour dire les choses franchement : à la moindre petite pique, Liam explose et tape tout ce qui lui passe sous la main – et j’admire vraiment l’auteure qui a réussi à garder un héros si énergique et instable constant dans sa personnalité jusqu’au bout, sans le tuer – ou presque… — et ce de manière tout à fait logique et réaliste vis-à-vis du scénario !). Bref, du coup Liam entame son lycée dans un nouvel établissement, où il fait évidemment la connaissance d’une bande de joyeux lurons (Morgan, Camille, Charlie, Lulu, Zac et Lydia si je ne me trompe pas) qui possèdent aussi des cristaux. Zac est aussi impulsif que Liam, ils se bataillent donc tout le temps. Camille est d’un naturel insaisissable, complètement charmeur, affreusement charismatique (et je l’avoue je suis tombée amoureuse). Lulu est gentille et timide, Charlie peu bavard mais efficace lorsqu’il agit et Lydia c’est un peu la maman du groupe. Et Morgan… c’est le solitaire bad boy du groupe. Bref, c’est avec ses amis que Liam en apprend plus sur sa pierre. En parallèle, Ayamé, dit « le cristal fantôme » attaque l’Organisation (l’organisme qui gère les personnes ayant des cristaux) et libère 34, une sorte de chimère-rat-de-laboratoire. Tous les deux (Ayamé et 34) sont aussi cinglés que sadiques et imprévisibles. Et bien sûr pour diverses raisons, ils décident d’en mettre plein la tête au(x) héro(s).
Voilà un résumé qui essaye de pas trop spoiler.

Les personnages

Comme vous l’avez peut-être deviné… pour les personnages, je n’ai rien à redire (sauf que parfois, ça crie un peu trop en mode gimmick). En fait, non. Presque rien ^^
Pour les héros : ils sont tous excellents. Chacun à sa personnalité, ses caractéristiques et le groupe est hétérogène mais fonctionne parfaitement. On sent les histoires passées qui sont la genèse des liens qui unissent tout ce petit monde. Certains ont vraiment de belles histoires et elles sont amenées de manière touchante et très juste. C’est vraiment un bel exploit d’avoir géré un groupe de héros aussi nombreux sans en laisser un seul de côté. Les discussions qu’ont les personnages et la manière dont leur amitié s’approfondit sont vraiment naturelles et spontanées, c’est très rafraîchissant comme dirait Sawako ^^ (https://fr.wikipedia.org/wiki/Sawako). Pour continuer dans les références, les relations entre les personnages et leurs histoires personnelles m’ont beaucoup fait penser au génialissime Fruits Basket (https://fr.wikipedia.org/wiki/Fruits_Basket) dont je ne ferais pas l’analyse ici mais qui sur bien des sujets propose de véritables leçons ! (de vie et d’écriture ^^)
Pour les méchants : les personnalités sont beaucoup plus clichées et mériteraient d’être un peu plus approfondies. J’ai aussi trouvé qu’il y avait trop de méchants (en plus d'Ayame et 34 il y a leurs aides - des rebuts de l'Organisation - et leurs commanditaires, en gros) et qu’il était du coup difficile de vraiment cibler qui était qui et quelles étaient les intentions de qui. Cela rendait aussi difficile de s’attacher à un ou deux d’entre eux et donc d'être déchirée entre héros et bad guys… 

L’histoire : 
Le scénario coule tout seul. Il est très proche des codes des mangas sur de nombreux points (je ne vais pas faire le commentaire de texte détaillé ici mais personne intéressée me contacter pour débat stimulant fort probable). Précision : des BONS codes des BONS mangas. Donc je le valide à 100 % J’aurais juste aimé moins de passage avec les méchants ou sur des inconnus qui se révélaient légèrement utiles sur la fin, soit un point de vue plus centré sur les héros. À ce moment-là, j’aurais lu le livre d’une traite sans le lâcher (alors peut-être que c’est bien ces passages qui faisaient des longueurs ? ^^ ça permet d’avoir une excuse pour couper la lecture !)
Je pense aussi que moins de passages sur les méchants mettrait plus en valeur la malignité des plans de l’ennemi, on sentirait une peur rampante, qu’on ne pourrait pas comprendre puisqu’on ne connaîtrait presque rien de lui… Je pense qu’une bonne façon de traiter l’affaire serait de s’inspirer de la solution choisie par JKR dans Harry Potter : toutes les infos sont transmises par ragots, gazettes, etc. Et ça rend l’ennemi vraiment insaisissable.
Sinon l’histoire se laisse lire bien facilement. En gros, les héros sont le moteur qui fait tourner la page au lecteur (on découvre petit à petit les secrets de chacun et on voudrait tous les savoir) et de temps en temps badaboum, un problème leur tombe dessus. En général, ça ne marche pas trop en livre, très bien en manga. Ben là, ça marche bien en livre aussi ^^


Le style :
Le style, ha ! À mon avis, c’est le principal « défaut ». Déjà, il faut mettre le niveau au bon endroit : ce livre est bien écrit. Les phrases (sauf quelques exceptions amusantes) sont françaises, agréables à lire (quelques-unes sont même de jolies trouvailles). Les ambiances sont bien retranscrites, les dialogues cohérents, etc. Bref sur des critères objectifs, le style n’a rien à se reprocher. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’est pas encore tout à fait à la hauteur de l’histoire, et surtout des héros ! (c'est exigeant un héros, il ne faut pas croire... ) Il ne manque vraiment pas grand-chose pour le « level-up » qui à mon avis doit surtout s’appuyer sur une meilleure gestion des dialogues avec de nombreuses personnes (quelques fois ça devenait confus – mais quel exercice difficile aussi !), un vocabulaire plus incisif/précis en narration (et moins répétitif) et quelques scènes d’explications à éclaircir ou étoffer, pour rendre la lisibilité des différents enjeux et règles du jeu plus homogène sur l’ensemble de l’histoire.
Il convient quand même de préciser que chaque possesseur de pierre se reconnaît grâce à la couleur improbable de ses yeux et qu’un vrai travail pour jouer avec cette donnée a été fait. Des risques ont été pris et la plupart du temps ils sont payants (l’autre part du temps, ça donne des phrases vraiment étranges XD).


Les points faibles :
— La mise en page AGROURGROUGROU è. é C' EST QUOI CES RETRAITS DE PARAGRAPHES ALEATOIRES BON SANG ! mais comme j’aime taper sur les éditeurs, je vais dire que c’est la faute de l’éditeur à 100 % Et du coup je vais compter la couverture (dans son ensemble) dans la mise en page… parce que je suis gentille (et que je trouve l'illus vraiment pas très engageante, je m'en excuse auprès du dessinateur) !
— Les scènes trop longues avec les méchants quand on veut juste voir les héros ;
— Le côté un peu trop manichéen de l’histoire (induit par le fait que les méchants sont clichés).

Les points forts :
— Le livre dans son ensemble ^^ quoi ce n’est pas un point fort sérieux ?
— Les héros bien développés et différenciés, les liens qui les unissent ;
Camille \o/ (ou T.T ça dépend...)
— L’univers et l'Organisation développé autour des pierres (même s’il y a troooop de sujets tabous et qu’un truc un poil plus clair sur comment ça marche et qui à quel pouvoir/pourquoi serait bienvenu) ;
— Les dialogues vivifiants ;
— Les personnalités atypiques (pour un roman – pas pour un manga ^^) mises en jeu.
— Etc.


En bref :
Quand j’ai terminé le livre, j’avais exactement la même sensation qu’à la fin du tome 1 de la Guerre des Éléments, de Perrine Rousselot : des feux d’artifice dans la tête ! J’ai vraiment adoré cette lecture, il y a un potentiel énorme qui mérite d’être encore mieux dévoilé (et qui sait, peut-être que la correction en cours sera l’occasion de changer tout cela…). Mais déjà même sans polissage, c’est une magnifique pierre brute que vous tiendrez entre vos mains quand vous achèterez ce livre, car oui, vous l’achèterez, parce que c’est juste pas possible de ne pas le lire !

Voilà ! Bonne lecture à tous !