lundi 8 février 2016

Les dissidents 1 - Marie-Ange Colombier


(attention chronique écrite en mode « Je me lâche et je fais pas gaffe à ma syntaxe, ni au reste d'ailleurs, je suis trop crevée ! »)



Comment j’ai eu ce livre :
J’ai rencontré l’auteure il y a trois ans, et depuis on se revoit régulièrement lors de stages d’écritures.
En fait ça fait trop sérieux hein ? Nan mais on est super pote et on se parle H24 sur Facebook BOUHAHAHA

Genre et thème :
Historique, sentimental, terroir (Auvergne)

L’auteure :
Dynamique et déterminée !

Maison d’édition : MIA Editions

Avis général :
Une excellente surprise !

Résumé perso :
Eloïse arrive dans un petit village auvergnat où elle est loin d’être la bienvenue. Elle doit faire face au passé de sa famille tout en affrontant les préjugés des paysans vis-à-vis des nobles. Mais surtout, elle doit réapprendre à vivre. Pourquoi donc a-t-elle fui Paris ?

Le style :
Ultra soigné. Je suis très enthousiaste sur ce livre et pourtant, je peux vous dire que lorsque je l’ai (re) ouvert, j’y allais à reculons. J’aime les livres historiques... Mais je n'en lis qu'une fois tous les 5 ans (après je m'ennuie). Et de plus, j’avais un souvenir ardu de ma bêta lecture du manuscrit. Mais une fois n’est pas coutume, la différence entre la version que j’ai eue en bêta et celle publiée est E-NOR-ME et sans commune mesure ! Je suis impressionnée par les progrès très rapides de l’auteure, qui en un rien de temps a su élever son livre à un niveau de qualité que, personnellement, j’attends lors de mes lectures (et vous avez pu finir par comprendre que je suis très exigeante !). Autant dans l’histoire que dans le style, le livre est devenu un vrai bijou où rien n’est laissé au hasard, tout est cohérent et réfléchi. Un vrai délice. J’ai cependant trouvé que ça manquait encore un peu de folie ou de liberté dans l’écriture. Le style est ultra soigné, un peu trop peut-être, ça fait parfois « scolaire » car on sent l’application qui est mise à conserver cette qualité sur l’ensemble du livre. Je pense que plus Marie-Ange écrira, plus elle sera en phase avec sa plume et confiante, et nous aurons alors quelque chose de définitivement agréable à lire. Là, pour moi, ça manquait un peu de « respiration », de légèreté par endroit, même si sur certains passages, on devinait ce côté plus libéré arriver.

Les personnages
Des personnages aux personnalités atypiques, très renfermés sur eux-mêmes. C’est pas des causeux les Auvergnats de l’époque ! Au départ (bêta-lecture), j’avais vraiment l’héroïne en horreur. Avec les remaniements effectués, elle est d’une évidence folle et bien plus agréable (à mon goût) à suivre. On entre très rapidement dans son esprit et l’empathie fonctionne immédiatement. Elle nous enferme en elle comme elle enferme ses secrets.
Les autres personnages sont attachants ou détestables dans leur comportement, mais toujours très justes et écrits avec beaucoup de retenue, ce qui donne beaucoup de charme aux relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.

L’histoire : 
On sent des recherches nombreuses et désormais maîtrisées, notamment parce que le côté historique est intégré de manière naturelle à l’histoire. Il forme un contexte fort et riche avec lequel l’auteure a su jouer sans tomber dans la description plate et laborieuse d’un tableau historique. C’est vraiment agréable ! L’histoire est désormais captivante bien qu’en soit, il s’agisse juste de la vie quotidienne d’une jeune fille à la campagne. Chaque phrase laisse le suspens sur la suivante, chaque chapitre sur la suite de l’intrigue, c’est vraiment difficile de poser le livre. Dès le premier chapitre, même à la première phrase, l’histoire nous happe et nous sommes dans l’ambiance du livre, profondément. Les 5 sens sont mobilisés et c’est un point vraiment fort du livre, qui permet de s’immerger complètement. Parfois, j’arrêtais de lire et je me retrouvais toute déboussolée dans mon lit.
Il y a juste un point qui m’a dérangé. ATTENTION SPOILER : à la fin, Eloïse avoue son secret à Gabriel. Elle a fui Paris car, trop curieuse, elle a espionné une conversation qu’elle n’aurait jamais dû entendre, après avoir suivi un homme qui l’intriguait – et la séduisait vaguement ? – à travers les couloirs du château de Versailles. Découverte, elle a été séquestrée et torturée. Elle aurait été tuée si elle ne s’était pas échappée. ALORS POURQUOI, juste le lendemain après avoir raconté tout ça et avoir à nouveau été attaquée par des bandits, elle SUIT Gabriel vers un endroit inconnu, pour découvrir le secret qu’il cache avec beaucoup de soin à tout le monde ? Le parallèle est quand même drôlement visible, et pourtant elle ne s’en inquiète vraiment (presque) pas. Il m’a manqué quelque chose à ce moment-là. Soit un paragraphe pour mieux expliquer qu’elle prend son courage à deux mains pour vaincre sa peur. Soit qu’il se soit passé un mois entre les deux événements, soit qu’elle voit Gabriel par accident dans la forêt et du coup découvre son secret… Mais là ça m’a vraiment fait bizarre.

Les points faibles :
— Le style qui pourrait avoir plus de légèreté
— Cette action finale d’Eloïse qui est pour le moins surprenante

Les points forts :
— Le contexte historique.
— L’intégration de l’histoire en Auvergne, dans un décor maîtrisé, qui met en avant la poésie de la région.
— Le style vraiment délicat, soigné et innovant (en tout cas c’était la première fois que je lisais un livre écrit comme ça, « en dentelle »).
— Une histoire « tranche de vie » qui reste dynamique et captivante.

En bref :

À lire ! Mais, vraiment quoi ! Mon coup de cœur 2016, je pense (même si l’année ne fait que commencer ^^)

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