lundi 8 février 2016

La guerre des éléments 2 : Katia - Perrine Rousselot


Comment j’ai eu ce livre :
Lors d’une rencontre tout à fait agréable, en Auvergne durant un stage d’écriture (ouais, les stages d’écriture c’est la classe). Et ça fait un an que je devais le lire… Alors voilà !

Genre et thème :
Fantastique, aventure

L’auteure :
Perrine Rousselot

Maison d’édition : Kitsunegari Editions  LIEN DES EDITIONS

Avis général :
Très agréable de retourner dans cet univers !
J’aurais aimé un résumé du tome 1 car il a été difficile de remettre certains personnages (je dis ça mais moi non plus j'ai pas mis de résumé du tome 1 dans mon tome 2, je l'ai fait dans un petit livre bonus à côté, que j'oublie de donner aux gens... maligne la fille ==").

Résumé perso :
Katia est l’élue, son rôle sera de ramener l’équilibre dans la force… heu, non c’est pas ça ^^ Katia est censée être l’élue d’une vieille prophétie, alors elle est surprotégée par ses proches et le SISCO, l’organisation qui s’occupe de rassembler les gens comme elle, les gens qui maîtrisent des élémentaires. Ces élémentaires sont de différentes natures et peuvent se transformer en armes. Sauf le sien, qui ne prend jamais forme et lui sert à soigner les gens. Elle ne peut juste pas se soigner elle-même (ballot, vous en conviendrez). Elle attend avec impatience son âme sœur, mais lorsqu’elle la rencontre, ce n’est pas vraiment ce à quoi elle s’attendait.

Un peu comme moi avec le livre ^^

Le style et l’histoire :
Mon avis est compliqué. J'ai aimé et en même temps je suis déçue.

Point très positif et un peu négatif : je n’ai pas de feux d’artifice dans la tête, comme à la fin du tome 1. L’ensemble m’a paru moins fragile dans sa structure, mais du coup plus conventionnel… Je ne sais pas, moins « frais ». C’était une lecture super agréable, parce que j’ai retrouvé ce style pas banal qui m’avait séduite. Et parce que cette fois, le contexte était bien cadré et l’histoire bien tenue, sans les points « incohérents » qui m’avaient fait dresser les cheveux sur la tête (j’ai relu ma chronique du tome 1 et j’ai notamment vu que maintenant, il y avait une alarme au SISCO ^^).

Point positif : de même que dans le tome 1, j’ai trouvé que l’auteure parvenait à éviter les clichés ou bien à les utiliser de manière surprenante. Et ça, c’est toujours un plaisir !

Point négatif : par contre, j’ai eu l’impression, à plusieurs reprises, qu’on passait parfois trop vite d’une scène à l’autre (je me souviens vaguement que ça m’avait déjà gênée la dernière fois). Ça manque parfois de liant. Sauf une fois, vers le début de la fin (du livre), où la coupure est extrêmement juste à mon avis (on passe d’une scène qui nous remplit de belles espérances à une infirmerie bondée de blessés agonisants. Au départ, j’ai été frustrée de ne pas connaître toutes les tractations et événements entre les deux scènes et finalement j’ai trouvé que c’était un excellent choix ! Ce n'était même pas la peine d’amener les explications ensuite, comme c’est le cas ici. Elles m’ont du coup laissé l’impression d’être inutiles presques).

Point positif : j’ai quand même était incapable de le lâcher ce livre ! J’ai raté trois fois mon arrêt de tram à cause de ça ! Hihi.

Point négatif personnel : je suis toujours aussi choquée de voir avec quel naturel les personnages multiplient leurs contacts physiques (font l’amour quoi) quand ils s’aiment mais c’est parce que je suis (très) prude. Par contre, à plusieurs reprises, je me suis sentie agacée car j’avais l’impression qu’ils ne pouvaient pas s’empêcher de s’embrasser ou de s’envoyer des compliments cro-meugnon-je-t’aime-mon-mamour alors que c’était la fin du monde à côté. J’imagine qu’à la fin, à la place de l’héroïne, j'aurais été beaucoup trop stressée et traumatisée par l’avenir du monde pour faire des galipettes dans l’ancienne maison de mon ennemi…

En résumé, j’ai vu un vrai level-up entre l’écriture de ce tome 2 et celle du tome 1, notamment en ce qui concerne la logique du monde et la fluidité de l’histoire. Ce que j’aimais, qui constituait les points forts du livre, est resté. Mais, comme je suis chiante et toujours plus exigeante, je suis un peu déçue, parce que je m’attendais à un scénario plus explosif/extravagant/innovant… Je ne sais pas trop quel adjectif, mais un peu plus de folie ? Voilà, en fait le développement général de l’intrigue manquait un peu d’épices. À plusieurs instants, on touchait une sorte d’acmé de suspens ou de sentiments poignants qui retombait ensuite trop rapidement à mon goût. Je dirais que pour le prochain roman de Perrine Rousselot, j’aimerai (oui, oui, je fais des listes de vœux maintenant ^^) un scénario plus ficelé dans l’enchaînement des événements (pas « et… puis… et… » mais « à cause de... parce que… du coup… », là on était un peu entre les deux j’ai trouvé).

Les personnages
Toujours aussi agréables ! J’ai été ravie de revoir Snow et j’aurais aimé le voir encore plus en grand frère protecteur (mode fangirl ON). Les nouveaux arrivants sont aussi très agréables et les relations qu’ils entretiennent sincères et pleines de naturel. Qu’ils soient Lumière ou Obscur, ils respirent tous une certaine joie de vivre, un optimisme pour le futur, et j’aime particulièrement la vision de l’amour qui est développée entre les différents couples. On voit les personnages évoluer au fil du livre, ce qui est plutôt agréable.


Les points faibles en résumé :
— le scénario manque d'un petit quelque chose mais c'est parfaitement rattrapé par le style et les personnages.

Les points forts en résumé :
— Des héros trop choupis et accrocheurs (du coup on ferme jamais le livre...).
— Le côté libéré de l’écriture.
— Je partage tellement les inquiétudes de l’héroïne vis-à-vis d’un futur potentiel petit copain…

En bref :
Encore un livre à lire pour votre PAL ! N’hésitez pas à soutenir les éditions Kitsunegari. Depuis ma dernière chronique, Perrine a pris sous son aile quelques renards afin de permettre à d’autres auteurs de vivre la grande aventure de l’édition ! Pas encore eu le temps de lire un livre de la maison, mais s’ils sont tous au moins du niveau de la Guerre des Éléments, c’est juste que du bonheur en perspective !



Les dissidents 1 - Marie-Ange Colombier


(attention chronique écrite en mode « Je me lâche et je fais pas gaffe à ma syntaxe, ni au reste d'ailleurs, je suis trop crevée ! »)



Comment j’ai eu ce livre :
J’ai rencontré l’auteure il y a trois ans, et depuis on se revoit régulièrement lors de stages d’écritures.
En fait ça fait trop sérieux hein ? Nan mais on est super pote et on se parle H24 sur Facebook BOUHAHAHA

Genre et thème :
Historique, sentimental, terroir (Auvergne)

L’auteure :
Dynamique et déterminée !

Maison d’édition : MIA Editions

Avis général :
Une excellente surprise !

Résumé perso :
Eloïse arrive dans un petit village auvergnat où elle est loin d’être la bienvenue. Elle doit faire face au passé de sa famille tout en affrontant les préjugés des paysans vis-à-vis des nobles. Mais surtout, elle doit réapprendre à vivre. Pourquoi donc a-t-elle fui Paris ?

Le style :
Ultra soigné. Je suis très enthousiaste sur ce livre et pourtant, je peux vous dire que lorsque je l’ai (re) ouvert, j’y allais à reculons. J’aime les livres historiques... Mais je n'en lis qu'une fois tous les 5 ans (après je m'ennuie). Et de plus, j’avais un souvenir ardu de ma bêta lecture du manuscrit. Mais une fois n’est pas coutume, la différence entre la version que j’ai eue en bêta et celle publiée est E-NOR-ME et sans commune mesure ! Je suis impressionnée par les progrès très rapides de l’auteure, qui en un rien de temps a su élever son livre à un niveau de qualité que, personnellement, j’attends lors de mes lectures (et vous avez pu finir par comprendre que je suis très exigeante !). Autant dans l’histoire que dans le style, le livre est devenu un vrai bijou où rien n’est laissé au hasard, tout est cohérent et réfléchi. Un vrai délice. J’ai cependant trouvé que ça manquait encore un peu de folie ou de liberté dans l’écriture. Le style est ultra soigné, un peu trop peut-être, ça fait parfois « scolaire » car on sent l’application qui est mise à conserver cette qualité sur l’ensemble du livre. Je pense que plus Marie-Ange écrira, plus elle sera en phase avec sa plume et confiante, et nous aurons alors quelque chose de définitivement agréable à lire. Là, pour moi, ça manquait un peu de « respiration », de légèreté par endroit, même si sur certains passages, on devinait ce côté plus libéré arriver.

Les personnages
Des personnages aux personnalités atypiques, très renfermés sur eux-mêmes. C’est pas des causeux les Auvergnats de l’époque ! Au départ (bêta-lecture), j’avais vraiment l’héroïne en horreur. Avec les remaniements effectués, elle est d’une évidence folle et bien plus agréable (à mon goût) à suivre. On entre très rapidement dans son esprit et l’empathie fonctionne immédiatement. Elle nous enferme en elle comme elle enferme ses secrets.
Les autres personnages sont attachants ou détestables dans leur comportement, mais toujours très justes et écrits avec beaucoup de retenue, ce qui donne beaucoup de charme aux relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.

L’histoire : 
On sent des recherches nombreuses et désormais maîtrisées, notamment parce que le côté historique est intégré de manière naturelle à l’histoire. Il forme un contexte fort et riche avec lequel l’auteure a su jouer sans tomber dans la description plate et laborieuse d’un tableau historique. C’est vraiment agréable ! L’histoire est désormais captivante bien qu’en soit, il s’agisse juste de la vie quotidienne d’une jeune fille à la campagne. Chaque phrase laisse le suspens sur la suivante, chaque chapitre sur la suite de l’intrigue, c’est vraiment difficile de poser le livre. Dès le premier chapitre, même à la première phrase, l’histoire nous happe et nous sommes dans l’ambiance du livre, profondément. Les 5 sens sont mobilisés et c’est un point vraiment fort du livre, qui permet de s’immerger complètement. Parfois, j’arrêtais de lire et je me retrouvais toute déboussolée dans mon lit.
Il y a juste un point qui m’a dérangé. ATTENTION SPOILER : à la fin, Eloïse avoue son secret à Gabriel. Elle a fui Paris car, trop curieuse, elle a espionné une conversation qu’elle n’aurait jamais dû entendre, après avoir suivi un homme qui l’intriguait – et la séduisait vaguement ? – à travers les couloirs du château de Versailles. Découverte, elle a été séquestrée et torturée. Elle aurait été tuée si elle ne s’était pas échappée. ALORS POURQUOI, juste le lendemain après avoir raconté tout ça et avoir à nouveau été attaquée par des bandits, elle SUIT Gabriel vers un endroit inconnu, pour découvrir le secret qu’il cache avec beaucoup de soin à tout le monde ? Le parallèle est quand même drôlement visible, et pourtant elle ne s’en inquiète vraiment (presque) pas. Il m’a manqué quelque chose à ce moment-là. Soit un paragraphe pour mieux expliquer qu’elle prend son courage à deux mains pour vaincre sa peur. Soit qu’il se soit passé un mois entre les deux événements, soit qu’elle voit Gabriel par accident dans la forêt et du coup découvre son secret… Mais là ça m’a vraiment fait bizarre.

Les points faibles :
— Le style qui pourrait avoir plus de légèreté
— Cette action finale d’Eloïse qui est pour le moins surprenante

Les points forts :
— Le contexte historique.
— L’intégration de l’histoire en Auvergne, dans un décor maîtrisé, qui met en avant la poésie de la région.
— Le style vraiment délicat, soigné et innovant (en tout cas c’était la première fois que je lisais un livre écrit comme ça, « en dentelle »).
— Une histoire « tranche de vie » qui reste dynamique et captivante.

En bref :

À lire ! Mais, vraiment quoi ! Mon coup de cœur 2016, je pense (même si l’année ne fait que commencer ^^)